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LES POUPEES CLELIA

Dominique Pennegues

Maria Clelia Olivero et Almigar Brogi, dont l’entreprise de fabrication de poupée était située à Cœuilly-Champigny  furent, sans conteste possible, et dès 1924, des précurseurs dans l’évolution de la poupée en étoffe française « moderne » et pourtant les poupées CLELIA restent peu connues des collectionneurs.

Maria Clelia Olivero a déposé un intéressant brevet le 7 Mars 1924, pour une nouvelle façon de produire des têtes de poupées en tissu sans avoir recours au bourrage classique, mais par moulage de pièces superposées, et en 1926, Amilgar Brogi a déposé à son tour un brevet pour une tête et un corps de poupée en tissu. La coupe de la tête en diagonale n’est pas sans rappeler celle des bébés français en biscuit du 19e et c’est la façon de la fabriquer en un seul morceau qui est innovante.

Almigar Brogi explique dans son brevet que les têtes de poupées en tissu sont habituellement constituées par deux pièces, dont le masque, présentant de cette sorte une couture sur les côté qui n’est pas esthétique.  Le fabricant propose une tête en un seul morceau permettant d’éviter cette couture, ainsi que la couture verticale dans le cou que nous retrouvons sur la plus part des poupées en étoffe. Nous n'avons pas eu l'occasion de retrouver l'application de ce brevet sur aucune des poupée Clelia étudiées , mais notre observation, à ce jour,  étant limitée à la production Clelia des années 30, il est possible que ce mode de fabrication ait été abandonné entre temps. Toutefois, l’intérêt de ce brevet nous semble surtout résider dans la structure du corps de la poupée, dont le buste moulé (et non pas bourré) permet d’obtenir des épaules et un décolleté plus esthétique. Nous n’avons pas retrouvé l’application de ce brevet pour  les corps des poupées Clelia, mais pour ceux de nombreuses poupées Raynal à partir de 1932, et de certaines poupées Vénus de la seconde partie des années trente. La poupée Shirley Temple du Printemps de 1935 et 1936 présente également ce type de corps.

Si nous n’avons pu découvrir, à ce jour, d’exemple de poupée Clelia des années 20 qui ait pu être clairement identifié,  la lecture de l'Almanach du Commerce de 1930 montre, par contre,  que la fabrique était prospère à cette époque charnière de la production des poupées en étoffe, et que cette société produisait également des animaux en tissu bourré.

La production Clelia des années trente fut surtout marquée par le choix d'un nouveau fournisseur de moules pour têtes de poupées, lequel est, de toute évidence, le même que celui choisi pour la production des poupées Raynal, Vénus et Nicette durant la même période.

Les poupées Clelia du début des années trente ont une tête en feutre pressé et un corps en tissu bourré comme la plus part de leurs contemporaines, mais une façon aisée de les distinguer des poupées Venus et Raynal de la même époque est par l’observation de l’attache des bras, lesquels sont fixés au tronc par une pièce métallique circulaire, visible à l’extérieur des membres. Elles ont des mains en tissu de forme « mitaine » mais aussi des mains plates en celluloid produites par la Sté Petitcollin (trouvées aussi sur des bébés et poupées Nicette, et autres productions).

Tôt dans les années trente, une nouvelle méthode de fabrication des têtes est employée pour certaines poupées Clelia. Le masque de celles-ci est recouvert d’une couche d’enduit peint qui donne au visage des poupées une apparence de composition. Ce n’est qu’en observant la nuque de ces poupées que l’on peut constater que les têtes sont en feutre pressé. Durant la même période, des poupées Clelia apparaissent sur le marché avec une tête en "composition" dont la nuque est marquée d’un « C » inscrit à l’intérieur d’un losange. Le même moule est utilisé pour les deux types de poupées et leur corps reste  en tissu bourré. Les catalogues des grands magasins ne font pas de différence entre le deux types de fabrication, et indiquent "tête en composition". L'usage de cette matière par la Sté Clelia coïncide avec la sortie sur le marché de très beaux mannequins tout en composition reposant sur une base marquée Clelia. Nous n'avons retrouvé qu'un seul exemplaire de ces créations artistiques à ce jour.

L’habillage des poupées Clelia de la seconde partie des années trente est enrichi d’une médaille en métal dorée représentant l’ange de Raphaël sur le recto, et marquée Clelia sur le verso. Les chaussures en peau ou en moleskine portent elles aussi le nom de la marque imprimé en lettres d’or sur la semelle en carton.

En 1938, un contrat avec Walt Disney a permis à la Société Clelia de mettre sur le marché du jouet  Blanche Neige et les 7 nains en deux tailles différentes.

Cette production sera le dernier grand succès des poupées Clelia en tissu bourré dont la fabrication ne sera pas reprise après la seconde guerre.


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